Culture et patrimoine

Un peu d'histoire

Extrait de " Le Morvand ou essai géographique, topographique et historique de l'abbé Baudiau année 1860 environ

Onlay, Unliacum, Unlayum,

 

Située dans les montagnes, à douze kilomètres à l'est de Moulins-Engilbert, la commune d'Onlay, jadis presque inaccessible, est heureusement sortie de son isolement au moyen de la nouvelle route qui traverse ces parages. On y remarque des vestiges d'une ancienne voie romaine, qui passait la petite rivière de Dragne au lieu dit les Gouttes du Pont. Son territoire, formé de deux mille deux cent quatre vingt hectares, en compte quatre cent soixante-neuf couverts par les forêts. La population est de sept cent quatre vingt dix habitants.

Onlay jouissait du titre de paroisse en 1030. Le patronage de la cure appartenait au chapitre de Nevers, qui le conserva jusqu'en 1789. Les dîmes se partageaient entre le curé et les seigneurs de la Montagne, hauts justiciers du clocher. Le premier jouissait aussi d'une rente sur la paroisse de Villapourçon. Au treizième siècle, le curé Humbert, presbyter de Unlayo, possédait selon l'usage du temps un troupeau de porcs, qu'il faisait pacager dans les forêts voisines.

Un jour que, par la négligence et l'incurie du pâtre, ils s'étaient avancés plus loin que de coutume, ils furent pris par les gens du baron de Roussillon et confisqués. Humbert réclama son cher troupeau; mais le seigneur ne se laissa pas attendrir. Cependant le vendredi après la fête de saint Mathieu 1298, comme Eudes de Roussillon était étendu sur son lit de douleur, dont il ne devait pas descendre vivant, il se ressouvint du curé d' Onlay et lui légua, par son testament, une somme de douze livres pour réparer l'injustice commise.

Le village d' Onlay est assis sur un tertre, au bas duquel coule un ruisseau, affluent de la Dragne. Il est petit, mais fort ancien. On y voyait autrefois une magnifique villa romaine, dont l'existence est attestée par des médailles, des statuettes, des débris d'une belle mosaïque, aux brillantes couleurs, par des tuiles à rebords, des vases, des tronçons de colonnes de marbres.....découverts dans le jardin du presbytère, en 1838. Quelques fragments d'armes, profondément oxydés, des squelettes humains, gisant au milieu des décombres, firent penser que les barbares du cinquième siècle avaient passé par là.

L'église paroissiale, dédiée à l'assomption de Notre dame, est un pauvre édifice, qui n'a que le choeur de voûté, en berceau ogival. Près de cette partie, s'élève une maison religieuse, fondée en 1842 par la munificence de la comtesse du Clerroy, et tenue par trois soeurs de la Charité Chrétienne de Nevers. Au fond de la vallée, se trouve une source thermale ferrugineuse, analysée en 1843.

Le village d' Onlay formait un fief en toute justice, mouvant du château de la Montagne. Il a donné son nom à une ancienne famille éteinte depuis longtemps. Boucher d'Onlay damoiseau, le laissa à robert, son fils qui en donna dénombrement en 1323. Mahaut épousa Gullaume de Villescot, écuyer lequel fit aveu en 1353, pour ses biens d'Onlay. Perrinet Li Bongars, de Montreuillon, donna reconnaissance, tant en son nom qu'en celui de Regnaud, sa femme, et de Mahaut et Agnés, ses brus, en 1346, pour sa maison et ses dépendances. Dans la suite, les seigneurs de La Montagne jouirent directement de cette terre.

Niault